Pour les enfants et les adolescents présentant un double diagnostic – déficience intellectuelle et problème de santé mentale (troubles du comportement et/ou troubles psychiatriques) – et leur entourage, il n’est pas toujours évident d’obtenir une réponse adaptée à leurs besoins dans le cadre de soins en santé mentale.
Le Conseil supérieur de la Santé (CSS) a rendu en décembre 2015 un avis concernant ce groupe cible, ses besoins spécifiques et la nécessité de créer ou non des services hospitaliers spécialisés1 . Sur base d’auditions, d’une étude de la littérature scientifique pertinente et de l’avis d’un expert international, on constate que le groupe cible aspire à une vie de meilleure qualité grâce à l’accès à une offre de soins en santé mentale adaptée. À ce jour, cette offre de soins en santé mentale est insuffisamment adaptée à leurs besoins spécifiques, et, en particulier au niveau de l’échange de l’information.
Le CSS formule trois recommandations pour rencontrer les besoins du groupe cible :
- Améliorer l’accès aux services pour ces personnes par le développement d’un réseau offrant la garantie d’un circuit de soins complet sur le terrain. Ce réseau doit impliquer tous les secteurs (santé mentale, santé, handicap, enseignement, travail, aide à la jeunesse, justice), il doit être inclusif et axé sur la personne.
- Améliorer la formation du personnel de tous les services et veiller à ce qu’ils mènent une réflexion sur les pratiques qu’ils appliquent.
- Prévoir des places spécialisées pour les cas les plus complexes. Le CSS précise également comment il faudrait organiser les services spécialisés (services hospitaliers, services de réadaptation et d’hébergement). Ces places spécialisées ne doivent toutefois pas se substituer au travail accompli par les structures générales lorsque c’est possible. Cette troisième recommandation ne doit pas être dissociée des deux autres. Un meilleur accès à l’ensemble des services et une plus grande adéquation de ceux-ci (par la formation du personnel et le développement de réseaux) sont, en effet, des conditions indispensables pour éviter que ces places spécialisées ne deviennent l’unique réponse pour ces personnes et s’avèrent donc très vite insuffisantes.
Sur la base de l’avis du CSS nous voulons poursuivre le développement de l’offre des soins en santé mentale pour enfants et adolescents présentant un double diagnostic.